Après Eric Berne, l’AT continue

Au sein de cette « A.T. classique », les différentes approches sont considérées comme complémentaires et susceptibles d’être combinées en dépit de leur divergences.

José Grégoire – Les orientations récentes de l’analyse transactionnelle

Une école de pensée désigne un ensemble de personnes qui partage des opinions semblables ou un point de vue similaire en philosophie. 

Eric Berne a fait de l’AT une discipline ouverte, dans la mesure où le processus reste éthique et contribue à guérir le patient. Nombre de transactionnalistes ont alors apporté leur singularité en contribuant à son développement.

Aujourd’hui encore, l’AT évolue. Chaque trimestre paraît la revue Actualités en analyse transactionnelle (AAT) en français, et le Transactional Analysis Journal (TAJ), en anglais, qui questionne les pratiques. Chaque analyste transactionnel peut y contribuer en écrivant des articles de fond qui contribueront au développement de l’AT. Les cinq écoles présentées ci-dessous sont extraites d’un article de J. Wilson & I. Karina, publié dans le Classique des ATT n°1.

C’est quoi le bon sens ?

point_interrogation profil moyenEn avant propos, je souhaite apporter quelques explications sur la vocation de ce blog : « Questions de bons sens ».

J’exerce le métier de consultant-formateur-coach, en indépendant, depuis maintenant plus de 13 ans. Mes clients m’ont posé de nombreuses questions sur le management en général et leur façon de l’exercer, en particulier.

Je propose de reprendre ici les questions les plus fréquentes et d’apporter une réponse :

 

Dans un texte court où la lecture n’excèdera pas 3 minutes,

à un rythme mensuel.

J’ai souvent entendu cette affirmation : « finalement, le management est une question de bon sens ! ». Surement, si l’on considère que le bon sens est la subjectivité de chacun.

Rien que dans la définition du mot « sens », il y a de quoi se méprendre.

Le sens indique la direction. Une des fonctions du manager est d’amener son équipe vers un objectif, un cap, désigné par la direction.

Le sens est aussi la signification d’un mot, d’une action. Quelle signification donner à une action sans savoir à quel objectif elle se rapporte ?

Le sens est aussi notre façon d’appréhender les choses, par l’odorat, la vue, l’ouïe, le goût et le toucher.

Derrière cette expression simple, usuelle, qu’est « le bon sens », de nombreuses réponses sont possibles.

Celles que je proposerai ne sont pas des vérités mais seulement ma subjectivité dans la compréhension d’évènements liés au management des Hommes.

C’est pour quoi je vous invite à me faire part de vos réactions et de vos questions… de bon sens.

Bien-être ou être bien au travail ?

zen

Nous sommes clairement entrés dans la saison du bien-être au travail. Pas un jour sans qu’un article ne fleurisse sur les réseaux sociaux. Arte a facilité l’éclosion avec l’excellent documentaire : le bonheur au travail. Du jour au lendemain, Isaac Getz et l’entreprise libérée sont devenus des sujets incontournables, récompense de plus de 10 années de travail. Dans la foulée, le bien-être au travail s’est installé.

C’est quoi le bien-être au travail ?

Malgré toutes ces lectures, j’avoue ne pas être encore au point. Je ne sais pas ce qu’est le bien-être au travail. Ou plutôt je ne crois pas qu’il y ait un chemin, une méthode qui permette d’y accéder.

Souvent la recherche du bien-être part du mal-être. L’avantage du terrain connu, il est plus facile de définir le mal-être au travail :

Physique, le collaborateur se fait mal. Les charges sont trop lourdes, le mouvement inadapté, la machine mal positionnée. Merci aux ergonomes qui contribuent à l’amélioration des postes de travail.

Psychologique, le travail conduit au burn out, à la dépression, voire au suicide. Les causes sont multiples : suractivité, pression des objectifs, isolement, dévalorisation, humiliation. Elles sont organisationnelles, l’entreprise n’est pas structurée pour répondre facilement à la demande d’activité. Relationnelles, des tensions se manifestent entre les personnes ; hiérarchie-collaborateurs et/ou collaborateurs entre eux.

Un dysfonctionnement organisationnel non traité ne manquera pas de générer des problèmes relationnels.

 L’illusion du bien-être

Certaines entreprises proposent des espaces récréatifs à leurs collaborateurs avec la possibilité de se relaxer dans des fauteuils confortables, de faire une partie de baby-foot ou autre jeu ludique. D’autres proposent des services tels que la conciergerie ou la crèche au pied de l’immeuble. Pourquoi pas, si ce n’est pas un prétexte, un tour de prestidigitation pour faire oublier des conditions de travail peu respectueuses de la santé des collaborateurs. A mon sens, il est préférable que l’entreprise se centre sur ses missions et se porte garante de l’intégrité physique et psychologique de ses collaborateurs. Chacun aura ensuite la responsabilité de ses distractions.

Cesser d’être mal pour des raisons professionnelles

Plutôt que de s’orienter vers le bien être, l’entreprise devrait réfléchir aux conditions favorisant le mal-être. Il n’est pas concevable de perdre sa vie au travail ni d’en faire un lieu de soins. Respect, sens, et tolérance devraient être la base de son code déontologique. Respecter les personnes, c’est bien sûr accepter les limites de compétences de chacun, accepter que l’entreprise ne soit pas le seul lieu de vie, vérifier que ses collaborateurs soient en mesure physiquement et matériellement de réaliser les missions qui lui sont confiées. Tolérer l’erreur et en faire un moteur de développement des compétences, tolérer l’autre dans ses différences d’appréciation. Eclairer la personne sur sa contribution à une mission plus vaste, donner du sens à sa tâche, c’est là le rôle du management. Un exercice du pouvoir centré sur la facilitation des tâches, sur les moyens qui conduisent au succès, non à l’obéissance aveugle aux injonctions énigmatiques.

Au regard de ce diagnostic, l’entreprise pose les protections qui assurent la bonne santé de ses collaborateurs.

Etre bien plutôt que bien-être

Le bien-être est une responsabilité individuelle. Chacun à un moment doit se questionner sur la concordance de ses valeurs et celles de son entreprise. Si je suis profondément antimilitariste et que je travaille dans une usine d’armement, il y a peu de chances que je m’épanouisse au travail. A chacun sa sensibilité, certains feront le choix de l’entreprise libérée quand d’autres préfèreront le compagnonnage ou encore une structure hiérarchique plus conventionnelle. Etre bien au travail et travailler à son bien-être en dehors.

L’analyse transactionnelle expliquée en 2’30

Eric Berne, fondateur de l’analyse transactionnelle, a toujours souhaité diffuser sa pensée et sa pratique au plus grand nombre. Il a donc utilisé un vocabulaire facile d’accès, de façon à partager avec ses patients un cadre de référence commun.

Bien évidemment, loin de lui l’idée de déposer ses concepts auprès d’organismes officiels, type INPI en France. De fait, chacun peut se proclamer formateur en AT, et en proposer sa définition et sa compréhension.

Néanmoins, l’analyse transactionnelle est régie par une association européenne, l’EATA, qui organise des examens pour se certifier et est garante des programmes de formations.

Dans cette courte vidéo, je reprends la définition  officielle de l’analyse transactionnelle, proposée par l’EATA, en développant rapidement les 4 grands concepts.

 

Le manager nu

Ulysse et les sirenes

Hubert James Draper – Ulysse et les sirènes (extrait) Art Galley, Kingston

 

Depuis l’enfance, nous apprenons à penser, nous développons nos compétences cognitives. Au lycée, puis post-bac, les filières scientifiques sont valorisées, surtout chez les garçons, car mieux reconnues sur le marché des grandes écoles et de l’emploi.

Quand une personne accède à un poste d’encadrement, elle est largement formatée, soit parce qu’elle sort de l’école et à une tête bien pleine, soit parce qu’elle a fait la preuve de ses compétences, souvent techniques ou stratégiques. Les managers ont le cerveau gauche bien musclé, parfois hypertrophié.

 L’art, catalyseur émotionnel

Très utiles pour la stratégie de l’entreprise, à quoi servent toutes ces connaissances quand le manager doit faire face à un conflit entre collaborateurs, quand il doit refuser une demande de congés ou féliciter son équipe pour la réalisation d’un projet ? Je fais l’hypothèse que si nous n’apprenons pas à ressentir, c’est parce que cela est inné !

Pourtant, je rencontre régulièrement des personnes qui se trouvent dans une sorte d’engourdissement corpo-émotionnel.

A l’occasion d’un accompagnement, une cliente me demanda : « à quel moment je saurai si mon interlocuteur essaye de dominer la situation ? »

Tout est là, les sensations corporelles et émotionnelles ne manquent pas mais sont comme emballées dans un film plastique. Nombre de personnes n’y ont pas un accès direct.

L’art, non comme spectateur mais comme acteur, permet de se défaire de cet emballage psychique et libère le ressenti émotionnel. L’activité artistique fait travailler le cerveau droit et cela sert au manager à développer ses capacités relationnelles. Or, la fonction de manager se repartit à 70% dans la relation et 30% dans les opérations. Il conviendrait de savoir être avant de savoir faire.

Développer son autonomie

Par autonomie, je fais référence au concept d’Eric Berne[1], fondateur de l’analyse transactionnelle. Il s’agit de développer une conscience claire, être dans l’ « ici et maintenant ». Quand le manager conduit une réunion, il est pleinement présent. Il ne pense pas à l’entretien qu’il aura avec son collaborateur ou son hiérarchique dans quelques heures car absent de tête et de cœur, seul son corps serait présent, inerte et sans consistance.

Imaginez ce manager, derrière un chevalet, crayon à la main, regardant un modèle nu.

Comment se sent-il ? Sa culture judéo-chrétienne remonte à la surface, son éthique, ses valeurs, sa morale posent un regard critique, voilent la réalité de l’instant et l’empêchent d’être pleinement présent. Il lui faudra un peu de temps pour prendre conscience de l’exercice, rejeter les messages réprobateurs qui l’envahissent et vivre l’instant. La nudité du modèle est une pression qui agit à l’inverse de celle de l’environnement professionnel. Plutôt que de renforcer le système de défense qui permet de lutter contre le stress, cette pression aura un effet cathartique. La nudité physique du modèle dans ce cadre artistique provoque la nudité psychique. Le manager se met à nu.

La conscience permet d’accéder à la spontanéité. Au sens bernien, il s’agit de mettre de côté ses préjugés, pour ressentir la palette des émotions en présence et les exprimer. Qu’éprouve le manager à l’heure de la fixation des objectifs, les siens ou ceux de son équipe ? Qu’éprouve-t-il quand il doit arbitrer entre 2 projets ? Qu’éprouve-t-il quand il donne une augmentation de salaire ?

Cette question du ressenti est présente quand le manager commence à tracer un trait sur sa feuille, avec la volonté de représenter une personne. Le choc est rude.

D’un expert dans son domaine, il se retrouve débutant. C’est grâce à cette remise en question que le manager revisite les 4 émotions fondamentales, peur, tristesse, colère et joie en 5 minutes, durée d’une pose.

La peur de mal faire jusqu’au fantasme de faire mal. Certains diront, en parlant du modèle,  « la pauvre », comme si le trait du crayon était le trait d’une flèche.

La peur du regard des autres est présente, peut être la tristesse d’une aura perdue, sans doute la colère de ne pas réussir et enfin la joie de produire.

Cet exercice rend humble et l’humilité conduit à l’intimité. Selon Berne, l’intimité est la capacité à rencontrer l’autre en toute simplicité, juste pour ce qu’il est, sans vouloir en tirer un bénéfice particulier. En entreprise, il s’agit d’une proximité sociale, suffisamment amicale pour se dire ce qui va, ce qui ne va pas, sans crainte d’exploitation ultérieure. C’est aussi la capacité d’un manager à être proche de son équipe à certains moments, à être distant quand la situation l’impose, sans culpabiliser.

Le dessin de modèle vivant pour débutants à cette faculté de rapprocher les personnes. Chacun rencontre l’autre, y compris le modèle qui redevient une personne pendant ses pauses. Les personnes parlent de leur expérience, regardent les productions environnantes, sans intention de compétition.

Le détour peut être effrayant pour les managers qui ne sont pas prêts à la prise de conscience de leurs comportements, à ressentir leurs émotions et à construire des relations professionnelles apaisées. Pour les autres, cette expérience artistique les enrichira par un autodiagnostic puissant et confrontant. Elle contribuera au développement de l’humilité, l’empathie et la joie d’être.

[1] Eric Berne – Des jeux et des hommes – Ed. Stock

Symbiose et fanatisme

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Depuis 2017, les théories conspirationnistes fleurissent aux USA et se répandent sur la planète aussi vite que le covid-19. À l’origine, des messages sur le réseau social « 4chan », peu connu du grand public. Ce réseau n’est pas modéré et tout peut être publié. Un certain Q a commencé à écrire des messages complotistes. Il existerait un état profond au sein du Congrès américain qui manipulerait la nation entière. Il serait, entre autres, à la tête d’un réseau de pédophiles, dont Hillary Clinton ferait partie. Plus le propos est délirant, plus il est séduisant. Cela peut paraitre incroyable mais des centaines de milliers de personnes adhèrent à ces histoires. Elles se sont regroupées sous la bannière QAnon, pour Q anonyme ; Q étant le profil sous lequel les messages sont publiés, anonymement. Comme dans tous les contes, il faut un sauveur, un génie, un prince charmant ou une bonne fée. Les adeptes de QAnon ont placé leur foi en la personne de Donald Trump. Lui seul pourra sauver le monde. Le président sortant a bien volontiers accepté le rôle que QAnon lui offrait et c’est ainsi qu’est né un mouvement sectaire. En plus d’être président Trump est devenu gourou avec tout le fanatisme que cela génère. Nous avons pu le constater lors de l’élection de Joe Biden avec le soutien indéfectible par une frange de ses supporters, considérant que l’élection a été manipulée et volée. Fort heureusement, il n’y a pas eu les débordements redoutés. Ce phénomène est comparable aux mouvements extrémistes islamistes. Les partisans de l’idéologie perdent tout discernement pour se suradapter à la parole du Leader Divin. Leurs comportements peuvent alors devenir violents.

En AT, la suradaptation et la violence font partie des comportements passifs qui servent à maintenir la symbiose.

Le concept de symbiose est la base théorique de l’École des Schiff. Jacquie Schiff, au départ, proche d’Éric Berne dans les années 1960, s’est expatriée sur la côte Est des États-Unis pendant quelques années. C’est pendant cette période qu’elle a développé sa théorie qui s’en trouve être en marge du reste de l’AT mais reste très intéressante sous certains aspects. Notamment, pour comprendre le fanatisme.

La symbiose

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Selon les Schiff[1] et leurs collaborateurs, il y a symbiose lorsque deux personnes n’ont pas accès à leurs trois états du moi. Elles se comportent alors comme si, ensemble, elles ne formaient qu’une seule personnalité complète. La caractéristique de cette relation est, qu’aucune d’elles ne met en œuvre la gamme complète de ses états du moi.

C’est par la symbiose que les personnes réitèrent leurs jeux, perpétuent leurs sentiments parasites et font avancer leur scénario.

 

Cette relation est considérée comme normale entre une mère et son bébé et va s’arrêter dès lors que le bébé va prendre conscience de sa propre existence. Quand elle perdure à l’âge adulte, la relation devient malsaine car elle se construit et s’autoalimente avec des jeux psychologiques.

 

la chaine symbiotique

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Dans son article, Quintin Holdeman[1] utilise le concept de chaine symbiotique comme étant un système de fonctionnement dans certaines organisations. De la Boétie[2] aurait nommé cette chaine « système de la servitude volontaire ; un tyran seul n’a de puissance que celle que le peuple lui donne ».

Ce système s’autoalimente par une obéissance inconditionnelle aux directives venues « d’en haut » et en retour, d’abondants signes de reconnaissance à l’égard du chef. Ce qui est une norme socialement acceptable dans une organisation hiérarchisée peut devenir un mouvement sectaire, avec le culte du chef.

Ici le pilier est représenté ici par A. Il dirige et décide de manière autocratique, ce qui installe une dépendance avec l’ensemble des membres de son organisation. Le jour où A quitte l’organisation, le système s’écroule tel un château de cartes. Les membres n’ayant pas eu l’occasion de se prendre en charge et de décider de ce qu’il convient à leur destin. Ils pensent que personne d’autre que A n’est capable de prendre en main la destinée de leur organisation. Parfois le leader A est rappelé tels de Gaulle en 1958, Steve Jobs en 1997, Zidane en 2005 et bien d’autres encore.

La chaine symbiotique triangulaire

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Un système sectaire est plus sophistiqué. Je propose une approche qui repose sur une symbiose triangulaire et tentaculaire : un Leader Divin, un Prédicateur et des Fidèles.

L’initiateur de cette symbiose est le Prédicateur. Il place sa foi dans un leader qu’il divinise. Sa force de conviction lui permet de rassembler autour de lui des adeptes qui vont ensuite essaimer et devenir à leur tour, Prédicateurs. Ainsi, ces mouvements deviennent tentaculaires, à l’image de QAnon. Les religions sont également des exemples de réussite de ce mécanisme.

Le phénomène de divinisation s’observe généralement à la mort du leader. Selon Berne il s’agit d’évhémèrisation, en référence à Evhémère, mythographe de la Grèce Antique qui pensait que les dieux n’étaient autres que des hommes et des femmes divinisés. Les organisations ont souvent un évhémère. Berne étant celui de celui des analystes transactionnels, Freud celui des psychanalystes, Édouard Leclerc celui des supermarchés éponymes…

Le profile Q sur le réseau 4chan, avec ses fake news, annonce de graves délits et prévoit le pire pour les États-Unis puis la terre entière. Il prend le rôle de Prédicateur et en désignant Trump comme sauveur de l’humanité, il lui offre la place de pilier et Leader Divin dans la chaine symbiotique triangulaire. À la différence d’une entreprise, chaque membre d’un tel rassemblement voue une passion au Leader Divin jusqu’au passage à l’acte, dans les cas les plus extrêmes.

Le Fidèle devient alors totalement fanatique et est prêt à se sacrifier pour venger le Leader Divin, l’estimant bafoué. Nous pensons que ce comportement est la manifestation d’une symbiose de second ordre.

La symbiose de second ordre

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Ce niveau de symbiose est plus profond et inaccessible à tout individu sans une aide psychothérapeutique. Il se déroule dans le schéma structural de second ordre. La mère ayant mis à distance ses besoins en excluant son état du moi Enfant, dans la symbiose de premier ordre, le bébé peut ressentir et décider inconsciemment de s’occuper des besoins de maman. Normalement, ce comportement n’a plus d’influence pathologique à l’âge adulte, sauf dans certains cas[3]. Si la croissance du bébé se déroule dans un environnement hostile, tant sur le plan émotionnel que physique, la symbiose de second ordre peut constituer un comportement dominant générant des troubles psychologiques sévères.

Sous l’influence d’un Prédicateur, un Fidèle peut alors basculer dans le terrorisme et assouvir sa soif de vengeance.

[1] A & J Schiff – La passivité – CAAT 2

[2] Holdeman – La chaine symbiotique – AAT 59

[3] De la Boétie – Discours de la servitude volontaire.

[4] Salomon Nasielski – Symbiose de second ordre : retour au concept originel – AAT 142

Les écoles récentes en AT

Le monde évolue et l’AT aussi. Le premier cercle des proches d’Eric Berne ayant montré la voie, d’autres analystes transactionnels leur ont emboité le pas en intégrant leur pratique à la théorie. L’AT continue donc à se développer. José Grégoire, dans son livre Les orientations récentes de l’analyse transactionnelle, a recensé plusieurs écoles, à noter que tous ces théoriciens sont du champ Psychothérapie . Citons ici ces nouvelles écoles.

  • L’analyse transactionnelle psychanalytique, de Carlo Moïso et Michele Novellino ;
  • La psychothérapie intégrative, de Richard Erskine et Rebecca Trautmann ;
  • L’analyse transactionnelle relationelle, de Charlotte Sills et Helena Hargaden ;
  • L’approche corporelle relationnelle, de Bill Cornell ;
  • L’analyse transactionnelle co-créative, de Graeme Summers et Keith Tudor ;
  •  L’approche narrativiste, de Jim et Barbara Allen.

 

Question

Quel lien entre l'AT et d'autres approches psychothérapeutiques ?

On connaît l’attachement de Berne à la psychanalyse et à son fondateur Sigmund Freud. Jusqu’à la fin de sa vie Berne est resté un grand admirateur de Freud même si sa pratique l’a amené à développer l’AT, mettant ainsi de la distance avec la psychanalyse. Le divan est resté présent dans sa salle de consultation.

Les années 60 ont vu aussi se développer l’école de Palo Alto, à quelques kilomètres de Carmel. Eric Berne était l’ami de Grégory Bateson, le fondateur de l’école. Il était également l’ami de Fritz Perls, qui s’est aussi éloigné de la psychanalyse pour créer la Gestalt thérapie. Notons enfin plusieurs référence dans l’œuvre de Berne à Alfred Korzybski, inventeur de la sémantique générale, dont le but était de montrer l’influence du langage dans les comportements. Quelques années plus tard la PNL exploitera l’idée que la carte n’est pas le territoire.