Après Eric Berne, l’AT continue

Au sein de cette « A.T. classique », les différentes approches sont considérées comme complémentaires et susceptibles d’être combinées en dépit de leur divergences.

José Grégoire – Les orientations récentes de l’analyse transactionnelle

Une école de pensée désigne un ensemble de personnes qui partage des opinions semblables ou un point de vue similaire en philosophie. 

Eric Berne a fait de l’AT une discipline ouverte, dans la mesure où le processus reste éthique et contribue à guérir le patient. Nombre de transactionnalistes ont alors apporté leur singularité en contribuant à son développement.

Aujourd’hui encore, l’AT évolue. Chaque trimestre paraît la revue Actualités en analyse transactionnelle (AAT) en français, et le Transactional Analysis Journal (TAJ), en anglais, qui questionne les pratiques. Chaque analyste transactionnel peut y contribuer en écrivant des articles de fond qui contribueront au développement de l’AT. Les cinq écoles présentées ci-dessous sont extraites d’un article de J. Wilson & I. Karina, publié dans le Classique des ATT n°1.

Symbiose et fanatisme

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Depuis 2017, les théories conspirationnistes fleurissent aux USA et se répandent sur la planète aussi vite que le covid-19. À l’origine, des messages sur le réseau social « 4chan », peu connu du grand public. Ce réseau n’est pas modéré et tout peut être publié. Un certain Q a commencé à écrire des messages complotistes. Il existerait un état profond au sein du Congrès américain qui manipulerait la nation entière. Il serait, entre autres, à la tête d’un réseau de pédophiles, dont Hillary Clinton ferait partie. Plus le propos est délirant, plus il est séduisant. Cela peut paraitre incroyable mais des centaines de milliers de personnes adhèrent à ces histoires. Elles se sont regroupées sous la bannière QAnon, pour Q anonyme ; Q étant le profil sous lequel les messages sont publiés, anonymement. Comme dans tous les contes, il faut un sauveur, un génie, un prince charmant ou une bonne fée. Les adeptes de QAnon ont placé leur foi en la personne de Donald Trump. Lui seul pourra sauver le monde. Le président sortant a bien volontiers accepté le rôle que QAnon lui offrait et c’est ainsi qu’est né un mouvement sectaire. En plus d’être président Trump est devenu gourou avec tout le fanatisme que cela génère. Nous avons pu le constater lors de l’élection de Joe Biden avec le soutien indéfectible par une frange de ses supporters, considérant que l’élection a été manipulée et volée. Fort heureusement, il n’y a pas eu les débordements redoutés. Ce phénomène est comparable aux mouvements extrémistes islamistes. Les partisans de l’idéologie perdent tout discernement pour se suradapter à la parole du Leader Divin. Leurs comportements peuvent alors devenir violents.

En AT, la suradaptation et la violence font partie des comportements passifs qui servent à maintenir la symbiose.

Le concept de symbiose est la base théorique de l’École des Schiff. Jacquie Schiff, au départ, proche d’Éric Berne dans les années 1960, s’est expatriée sur la côte Est des États-Unis pendant quelques années. C’est pendant cette période qu’elle a développé sa théorie qui s’en trouve être en marge du reste de l’AT mais reste très intéressante sous certains aspects. Notamment, pour comprendre le fanatisme.

La symbiose

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Selon les Schiff[1] et leurs collaborateurs, il y a symbiose lorsque deux personnes n’ont pas accès à leurs trois états du moi. Elles se comportent alors comme si, ensemble, elles ne formaient qu’une seule personnalité complète. La caractéristique de cette relation est, qu’aucune d’elles ne met en œuvre la gamme complète de ses états du moi.

C’est par la symbiose que les personnes réitèrent leurs jeux, perpétuent leurs sentiments parasites et font avancer leur scénario.

 

Cette relation est considérée comme normale entre une mère et son bébé et va s’arrêter dès lors que le bébé va prendre conscience de sa propre existence. Quand elle perdure à l’âge adulte, la relation devient malsaine car elle se construit et s’autoalimente avec des jeux psychologiques.

 

la chaine symbiotique

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Dans son article, Quintin Holdeman[1] utilise le concept de chaine symbiotique comme étant un système de fonctionnement dans certaines organisations. De la Boétie[2] aurait nommé cette chaine « système de la servitude volontaire ; un tyran seul n’a de puissance que celle que le peuple lui donne ».

Ce système s’autoalimente par une obéissance inconditionnelle aux directives venues « d’en haut » et en retour, d’abondants signes de reconnaissance à l’égard du chef. Ce qui est une norme socialement acceptable dans une organisation hiérarchisée peut devenir un mouvement sectaire, avec le culte du chef.

Ici le pilier est représenté ici par A. Il dirige et décide de manière autocratique, ce qui installe une dépendance avec l’ensemble des membres de son organisation. Le jour où A quitte l’organisation, le système s’écroule tel un château de cartes. Les membres n’ayant pas eu l’occasion de se prendre en charge et de décider de ce qu’il convient à leur destin. Ils pensent que personne d’autre que A n’est capable de prendre en main la destinée de leur organisation. Parfois le leader A est rappelé tels de Gaulle en 1958, Steve Jobs en 1997, Zidane en 2005 et bien d’autres encore.

La chaine symbiotique triangulaire

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Un système sectaire est plus sophistiqué. Je propose une approche qui repose sur une symbiose triangulaire et tentaculaire : un Leader Divin, un Prédicateur et des Fidèles.

L’initiateur de cette symbiose est le Prédicateur. Il place sa foi dans un leader qu’il divinise. Sa force de conviction lui permet de rassembler autour de lui des adeptes qui vont ensuite essaimer et devenir à leur tour, Prédicateurs. Ainsi, ces mouvements deviennent tentaculaires, à l’image de QAnon. Les religions sont également des exemples de réussite de ce mécanisme.

Le phénomène de divinisation s’observe généralement à la mort du leader. Selon Berne il s’agit d’évhémèrisation, en référence à Evhémère, mythographe de la Grèce Antique qui pensait que les dieux n’étaient autres que des hommes et des femmes divinisés. Les organisations ont souvent un évhémère. Berne étant celui de celui des analystes transactionnels, Freud celui des psychanalystes, Édouard Leclerc celui des supermarchés éponymes…

Le profile Q sur le réseau 4chan, avec ses fake news, annonce de graves délits et prévoit le pire pour les États-Unis puis la terre entière. Il prend le rôle de Prédicateur et en désignant Trump comme sauveur de l’humanité, il lui offre la place de pilier et Leader Divin dans la chaine symbiotique triangulaire. À la différence d’une entreprise, chaque membre d’un tel rassemblement voue une passion au Leader Divin jusqu’au passage à l’acte, dans les cas les plus extrêmes.

Le Fidèle devient alors totalement fanatique et est prêt à se sacrifier pour venger le Leader Divin, l’estimant bafoué. Nous pensons que ce comportement est la manifestation d’une symbiose de second ordre.

La symbiose de second ordre

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Ce niveau de symbiose est plus profond et inaccessible à tout individu sans une aide psychothérapeutique. Il se déroule dans le schéma structural de second ordre. La mère ayant mis à distance ses besoins en excluant son état du moi Enfant, dans la symbiose de premier ordre, le bébé peut ressentir et décider inconsciemment de s’occuper des besoins de maman. Normalement, ce comportement n’a plus d’influence pathologique à l’âge adulte, sauf dans certains cas[3]. Si la croissance du bébé se déroule dans un environnement hostile, tant sur le plan émotionnel que physique, la symbiose de second ordre peut constituer un comportement dominant générant des troubles psychologiques sévères.

Sous l’influence d’un Prédicateur, un Fidèle peut alors basculer dans le terrorisme et assouvir sa soif de vengeance.

[1] A & J Schiff – La passivité – CAAT 2

[2] Holdeman – La chaine symbiotique – AAT 59

[3] De la Boétie – Discours de la servitude volontaire.

[4] Salomon Nasielski – Symbiose de second ordre : retour au concept originel – AAT 142

Une nouvelle expérience de supervision

Auteurs : Stan Madoré et Myriam Chéreau. 

Co-supervision et intimité dans un groupe

Première partie

L’objectif de cet article est de présenter notre expérience d’une nouvelle approche de la conduite de supervisions en groupe.

Les participants peuvent se faire superviser par un ou deux superviseurs, selon leur choix. C’est ici que se situe l’innovation. Le processus est partagé entre deux superviseurs qui supervisent de concert, ce que nous appelons la co-supervision.

Quelle que soit la formule retenue par le participant, la supervision se conclut par un dialogue entre les superviseurs, devant le groupe ce qui, là encore, constitue une singularité de cette pratique.

Notre démarche s’appuie sur l’AT co-créative développée par Tudor et Summers, eux-mêmes inspirés par l’AT constructionniste, courant d’AT porté par Jim et Barbara Allen. Elle repose également sur les expériences d’Eric Berne lors des séminaires qu’il conduisait à San Francisco et Carmel au cours desquels il partageait ses questionnements et points de vue avec ses collègues et patients. (AAT, n°14). Nos groupes de supervision sont formés de professionnels expérimentés dans l’accompagnement qu’ils exercent dans différents métiers (coachs d’entreprise, conseillers en orientation scolaire, manager-coachs, formateurs-chercheurs, psychologues du travail…) et tous ont une connaissance théorique avancée de l’AT.

Nous décrivons dans cet article les principes directeurs de cette expérience et donnons des exemples d’intervention qui en présentent l’intérêt. De plus, après quatre années d’expérimentation, il nous apparaît que l’intimité entre les superviseurs, indispensable à une co-supervision et au dialogue, peut devenir un modèle pour un apprentissage de ce que peut être l’intimité dans un groupe.

La co-supervision, espace de connexion à soi et à l’autre ici et maintenant

La co-supervision est un modèle d’apprentissage de la tolérance qui peut être utile à chacun dans ses propres accompagnements car chaque superviseur doit accepter que son collègue honore le contrat en passant possiblement par un chemin différent du sien. Il n’y a pas une vérité pour aider un client à la résolution de son problème. Prendre conscience que l’autre ne suit pas le même itinéraire pour aller au même endroit nécessite une confiance fondée sur une relation d’intimité. C’est croire qu’à la fin, chacun, superviseurs et client, se retrouveront au bon endroit. Nous sommes convaincus que les découvertes faites sur le chemin parcouru sont plus riches et nombreuses qu’en restant sur une voie unique. De fait, la co-supervision est un processus d’accompagnement créatif, basé sur la curiosité, rendue possible par l’intimité. Cette expérience à trois devient un apprentissage, pour l’ensemble du groupe, d’une relation dans l’intimité.

La mise en place de contrats

La réussite de cette expérience repose sur un contrat solide de collaboration entre les différentes parties concernées dans le groupe de supervision. Pour l’élaborer, nous nous appuyons sur les écrits de Berne (Principes de traitement psychothérapeutique en groupe), de Fanita English (Le contrat triangulaire AAT n°8) et le multicontrat conçu par Véronique Sichem (AAT n°60).

Le schéma ci-dessous représente les 4 contrats développés plus bas entre :

  1. Les deux superviseurs
  2. Les superviseurs et la personne supervisée
  3. Les superviseurs et le groupe
  4. La personne supervisée et le groupe

  1. Le contrat entre les deux superviseurs.

La co-supervision fait l’objet d’un contrat spécifique entre pairs. Notre relation OK/OK signifie que chacun a de la valeur dans ce qu’il dit ; chacun s’engage à mettre en valeur ce qu’il fait ou a fait et comment il s’y est pris. Les questions comme les réponses sont faites à partir de l’Adulte. En ce qui concerne le dialogue, tout ce qui est dit reste au niveau du processus et non du contenu. Le but fixé est d’apporter au groupe un éclairage didactique sur l’exercice de la supervision. 

  1. Le contrat entre les superviseurs et la personne supervisée :

Les superviseurs sont au service du supervisé, ils répondent à sa demande. Ensuite, ils s’engagent à mettre en valeur le ou les processus à l’œuvre dans la supervision en racontant la façon dont ils ont vécu la supervision et ce qu’ils ont mis en place pour aider le supervisé à résoudre la problématique apportée. Ils restent sur le processus et ne reviennent pas sur le contenu.

  1. Le contrat entre les superviseurs et le groupe

Ce contrat suppose l’engagement du groupe : durant la supervision puis le dialogue, les membres écoutent, notent ce qui se dit dans l’échange.
Les superviseurs exercent leur pratique, ensemble ou séparément, puis partagent en conscience leurs pensées, émotions à chaud. Ils montrent comment ils pensent avec l’analyse transactionnelle, et rendent explicite leur cheminement dans la supervision.
L’objectif reste la professionnalisation de chaque membre : il est de la responsabilité des membres du groupe de prendre conscience de ce qu’ils apprennent par la co-supervision et le dialogue, de le verbaliser, de le questionner si besoin.

  1. Le contrat entre le groupe et la personne supervisée

Au terme du processus les membres observateurs peuvent poser des questions sur la pratique des superviseurs. Ils restent sur le processus mis en place. Ils peuvent poser des questions directement au supervisé quand il s’agit de comprendre une réaction dans un processus sans revenir sur le contenu. Les superviseurs peuvent être amenés à demander une clarification sur l’intention d’une question.  Ceci permet de distinguer ce qui est de l’ordre du contenu et du processus.

Le contrat préserve autant que possible une entrée dans les jeux psychologiques. Nous avons conscience que la présence de deux superviseurs favorise un risque de jeux de pouvoir ou jeux psychologiques au détriment d’une coopération et de l’intimité. Compétition entre nos champs, nos titres d’analyste transactionnel, nos réalisations professionnelles, etc. Nous sommes particulièrement vigilant sur ce point et nous en discutons régulièrement.

Un coach doit-il être certifié ?

certifiedDès lors qu’un manager souhaite s’engager dans une démarche de coaching, la question de la certification du coach va se poser, par lui-même, sa direction ou sa DRH.

Il y a une multitude de coachs  et la tendance est aussi à la multiplication des superviseurs, celui ou celle qui « coache les coachs ». Le marché n’étant pas réglementé par l’état, chacun peut se déclarer coach et/ou superviseur.

Alors, est-ce qu’un coach ou un superviseur doit être certifié ?

Oui, peut être, pas forcément. Je remplace cette question par la vraie question : est-ce que ce coach (ou superviseur) sera suffisamment compétent pour m’aider à progresser ?

C’est là tout l’enjeux d’un accompagnement, le résultat espéré sera-t-il au rendez-vous ? Qui peut prédire un résultat qui est le fruit de la relation entre deux personnes, des sujets qu’ils vont traiter, de leur appropriation par la personne accompagnée et de l’application qu’elle en fera dans son environnement professionnel ?

A quoi sert une certification ? 

En premier lieu, à rassurer le client ce qui, en soit, est déjà important pour exercer ce métier. C’est d’abord un effet marketing, la marque, la couleur, le format d’un produit, rassurent quand ils sont en adéquation avec les représentations que s’en fait le client. Donc si j’ai le label « Grande Ecole Très Connue » j’ai sans doute plus de chances d’inspirer confiance et de vendre mes prestations d’accompagnement.

L’autre fonction d’une certification, pour le client,  est la traçabilité du parcours personnel du coach.

Toutes les certifications de se valent pas. Certaines s’obtiennent en 3 ou 4 jours, d’autres en quelques semaines, quelques mois ou quelques années. Il conviendra de regarder le cahier des charges de la certification obtenue. Certaines sont très théoriques et passent en revue quasiment toutes les approches possibles d’accompagnement alors que d’autres sont davantage basées sur la pratique et l’expérimentation entre pairs. Au-delà du cursus, le coach s’est-il s’engagé dans un processus de psychothérapie, s’est-il fait régulièrement superviser pour obtenir sa certification ?

Certification et qualité sont deux sujets différents.

Considérons la certification comme un label, à l’instar des AOC. Prenons l’exemple des vins.

Pour avoir droit à l’AOC « côtes-du-rhône » la parcelle de vigne doit pousser sur un périmètre bien défini. Pour autant, le vin est-il toujours de bonne qualité. Evidemment non, si le terrain favorise la qualité du vin, il ne fait pas tout. La façon de travailler le raisin,  le processus de vinification joue également un grand rôle dans l’alchimie et la qualité finale.

Le vin issu de la vigne qui pousse sur la parcelle d’à côté, qui n’est pas en AOC est-il nécessairement mauvais ? Evidemment non, il peut être très bon sans l’AOC.

Les exemples sont multiples. Tout le monde dans sa scolarité a vu des différences dans la qualité d’enseignement de ses professeurs, pourtant ils ont suivi le même cursus de formation. Idem pour les médecins, à formation égale, compétences inégales. Pour les coachs, c’est pareil.

Si la certification ne garantit pas la qualité alors quoi faire ?

Le coaching est un exercice intuitu personae.  Comment vous sentez-vous en présence du coach qui vous rend visite ?

Le premier entretien, dit commercial, est fait pour envisager un accompagnement de quelques séances avec quelqu’un que vous ne connaissez pas et à qui vous allez dire des choses personnelles. Si le courant ne passe pas, avec ou sans certification, ne vous engagez pas plus loin.

Si la relation vous semble possible, vérifiez ce que fait le coach pour entretenir ses compétences en terme de formation, supervision, psychothérapie.

Enfin, vous avez le droit à l’erreur. Le contrat que vous allez passer avec le coach prévoit-il les modalités d’un arrêt prématuré ?

Après ces vérifications, il me reste à vous souhaiter un bon coaching !

L’alliance du DISC de Marston et de l’AT – Part 1

AT-SI petit

Qu’est ce qui rapproche Marston et Berne ?

William Marston (1893-1947), psychologue, auteur de l’ouvrage « emotions of normal people »[1], nous a apporté la théorie du DISC. Il s’inscrit dans le prolongement des travaux de Watson sur le « behaviourisme », qui était lui-même en réaction aux propos de Freud sur l’inconscient.

Le postulat de départ de Marston est que chaque individu considère son environnement comme hostile ou favorable. A partir de cette décision, il va se comporter en agissant sur l’environnement ou en l’acceptant.  Ces 4 attitudes sont le fondement du DISC : Dominance, Influence, Stabilité, Conformité.

Eric Berne (1910-1970), psychiatre, est le fondateur de l’Analyse Transactionnelle (AT), théorie de la personnalité et de la communication. Un des concepts fondateurs est le scénario de vie. Berne en donne plusieurs définitions dont voici quelques extraits [2]:

Ce qui se passe dans son crâne quand il est confronté à ce qui se passe à l’extérieur de son crâne décide du destin de chaque être humain.

Chacun décide dans sa petite enfance comment il vivra et comment il mourra, et ce projet qu’il transporte dans sa tête, où qu’il aille, est appelé son scénario.

Les scénarios sont conçus pour durer toute la vie. Ils reposent sur des décisions de l’enfance et une programmation parentale continuellement renforcée.

Ce que dit Berne également, c’est qu’à la naissance, nous n’avons pas encore de scénario de vie. Il reprend la métaphore des contes et compare le bébé à un Prince, vierge de toute considération sur son environnement. Le bébé a des besoins physiologiques et affectifs qui, s’ils sont satisfaits, permettront au bébé d’évoluer sereinement et s’ils ne le sont pas, amèneront l’enfant à prendre des décisions pour élaborer son scénario de vie.

Quand Marston pose son postulat de départ, il observe des individus qui ont des points de vue sur eux, les autres, le monde en général. En AT, ces points de vue sont des décisions scénariques.

[1] Marston – Emotions of normal people – Edition Nabu Press

[2] Berne – Que dîtes-vous après avoir dit bonjour ? – Edition Tchou

L’analyse transactionnelle expliquée en 2’30

Eric Berne, fondateur de l’analyse transactionnelle, a toujours souhaité diffuser sa pensée et sa pratique au plus grand nombre. Il a donc utilisé un vocabulaire facile d’accès, de façon à partager avec ses patients un cadre de référence commun.

Bien évidemment, loin de lui l’idée de déposer ses concepts auprès d’organismes officiels, type INPI en France. De fait, chacun peut se proclamer formateur en AT, et en proposer sa définition et sa compréhension.

Néanmoins, l’analyse transactionnelle est régie par une association européenne, l’EATA, qui organise des examens pour se certifier et est garante des programmes de formations.

Dans cette courte vidéo, je reprends la définition  officielle de l’analyse transactionnelle, proposée par l’EATA, en développant rapidement les 4 grands concepts.

 

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Les écoles récentes en AT

Le monde évolue et l’AT aussi. Le premier cercle des proches d’Eric Berne ayant montré la voie, d’autres analystes transactionnels leur ont emboité le pas en intégrant leur pratique à la théorie. L’AT continue donc à se développer. José Grégoire, dans son livre Les orientations récentes de l’analyse transactionnelle, a recensé plusieurs écoles, à noter que tous ces théoriciens sont du champ Psychothérapie . Citons ici ces nouvelles écoles.

  • L’analyse transactionnelle psychanalytique, de Carlo Moïso et Michele Novellino ;
  • La psychothérapie intégrative, de Richard Erskine et Rebecca Trautmann ;
  • L’analyse transactionnelle relationelle, de Charlotte Sills et Helena Hargaden ;
  • L’approche corporelle relationnelle, de Bill Cornell ;
  • L’analyse transactionnelle co-créative, de Graeme Summers et Keith Tudor ;
  •  L’approche narrativiste, de Jim et Barbara Allen.

 

Question

Quel lien entre l'AT et d'autres approches psychothérapeutiques ?

On connaît l’attachement de Berne à la psychanalyse et à son fondateur Sigmund Freud. Jusqu’à la fin de sa vie Berne est resté un grand admirateur de Freud même si sa pratique l’a amené à développer l’AT, mettant ainsi de la distance avec la psychanalyse. Le divan est resté présent dans sa salle de consultation.

Les années 60 ont vu aussi se développer l’école de Palo Alto, à quelques kilomètres de Carmel. Eric Berne était l’ami de Grégory Bateson, le fondateur de l’école. Il était également l’ami de Fritz Perls, qui s’est aussi éloigné de la psychanalyse pour créer la Gestalt thérapie. Notons enfin plusieurs référence dans l’œuvre de Berne à Alfred Korzybski, inventeur de la sémantique générale, dont le but était de montrer l’influence du langage dans les comportements. Quelques années plus tard la PNL exploitera l’idée que la carte n’est pas le territoire.