Après Eric Berne, l’AT continue

Au sein de cette « A.T. classique », les différentes approches sont considérées comme complémentaires et susceptibles d’être combinées en dépit de leur divergences.

José Grégoire – Les orientations récentes de l’analyse transactionnelle

Une école de pensée désigne un ensemble de personnes qui partage des opinions semblables ou un point de vue similaire en philosophie. 

Eric Berne a fait de l’AT une discipline ouverte, dans la mesure où le processus reste éthique et contribue à guérir le patient. Nombre de transactionnalistes ont alors apporté leur singularité en contribuant à son développement.

Aujourd’hui encore, l’AT évolue. Chaque trimestre paraît la revue Actualités en analyse transactionnelle (AAT) en français, et le Transactional Analysis Journal (TAJ), en anglais, qui questionne les pratiques. Chaque analyste transactionnel peut y contribuer en écrivant des articles de fond qui contribueront au développement de l’AT. Les cinq écoles présentées ci-dessous sont extraites d’un article de J. Wilson & I. Karina, publié dans le Classique des ATT n°1.

Collaborer ou coopérer ?

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Deux mots pour dire la même chose ?

 

Les mots collaborer et coopérer sont souvent utilisés de façon indifférenciée. Pour les distinguer l’un de l’autre, regardons leur étymologie.

Collaborer, vient du latin collaborarer, et se construit avec le préfixe co qui signifie avec et laborer, travailler. On parle parfois de labeur au sujet du travail.

Coopérer a d’abord été utilisé dans un cadre chrétien. Il s’agit de faire quelque chose avec quelqu’un. La prière en l’occurrence, s’agissant de la religion. Dans notre société laïque, le sens a évolué et signifie « opérer avec quelqu’un » et pas nécessairement au travail.

Cependant beaucoup de managers souhaiteraient mettre de la coopération au sein des équipes. Nous pouvons nous inspirer de la théorie organisationnelle de Berne et plus particulièrement de la notion d’imago pour savoir à quel moment les gens collaborent ou coopèrent.

L’imago est l’image mentale que chacun se fait de ce qu’est ou devrait être un groupe. Au fil du temps, cette image va s’ajuster à la réalité de ce qu’est le groupe, il s’agit de l’ajustement de l’imago.

Prenons l’exemple de Béatrice qui souhaite créer une association d’aide aux personnes en réinsertion professionnelle. Elle a suivi un cursus certifiant de coaching et a travaillé avec ses pairs sur son projet. Elle a une représentation de ce que devra être son association, c’est son imago provisoire.

Elle forme le bureau de l’association avec deux autres coachs et s’aperçoit que les avis divergent quant au montant de l’adhésion et à la constitution du CA. Après discussion Béatrice aura modifié ses représentations et son imago collera davantage à la réalité de ce qui se passe dans le groupe. Il s’agit de l’ajustement adaptatif.

Six mois plus tard, le CA est constitué, l’association compte une cinquantaine de membres qui sont aussi les personnes accompagnées. Les rôles et fonctions de chacun sont connus de tous. L’idée de départ de Béatrice n’a plus grand-chose à voir avec la réalité du terrain. Ella a ajusté son imago au stade opératif.

Il y a eu quelques tensions avec le trésorier au moment de l’assemblée générale, mais tout est rentré dans l’ordre car ils ont su se parler. Chacun a pu dire ce qui lui va et ne lui va pas. La discussion était sincère et ce fut l’occasion de véritablement se connaître, pour elle et le trésorier. Ici son imago est secondaire ou secondairement ajustée (imago est un nom féminin).

À mon sens, il convient de parler de collaboration au stade opératif, là où chacun sait ce qu’il a à faire et le fait . Alors que la coopération va se rencontrer au stade secondaire quand le groupe va dans la direction montrée par le leader, que les objectifs et envies sont partager, que les membres ont un avenir en commun.

 

 

 

 

Théorie organisationnelle de Berne, extension du 21° siècle

Théorie organisationnelle de Berne

Avant-propos

 

Dans son ouvrage « Structure et dynamique des organisations et des groupes »[1], Éric Berne nous offre une lecture systémique des Eric Bernegroupes et des organisations. Ce livre fut publié en 1963 et est le second, après « Analyse transactionnelle et psychothérapie » à présenter la pensée « transactionnaliste » de Berne. L’ouvrage est riche et la démarche,  selon les propos de l’auteur, est scientifique. C’est peut-être la cause du relatif désintérêt que lui a porté le public des analystes transactionnels, davantage intéressé par les aspects cliniques de la théorie. Il est difficile de s’orienter à travers les chapitres qui peuvent manquer de structure pour un essai scientifique ou trop se disperser pour une vulgarisation, ce qui en rend la lecture assez âpre. Pour autant, la profondeur des propos, la présentation des plus petits groupes, famille, groupes de thérapie, aux plus grandes organisations, entreprises, nations, en font un ouvrage de référence encore aujourd’hui.

En 1975, Eliott Fox[1] a publié un article intitulé « La théorie organisationnelle de Berne » où il synthétise une partie des thèmes développés par Berne. On y retrouve les principaux processus relationnels et concepts décrits par Berne dans un tableau : le schéma de Fox. Incompréhensible à la première lecture, Gilles Pellerin s’en est servi pour construire des formations sur le sujet dans les années 80. Il a su découvrir tout l’intérêt de l’article qui présente et ordonne les idées riches mais parfois diffuses de Berne. Sous l’impulsion des formations dispensées par Gilles Pellerin puis reprises par différentes écoles, le nom de « Théorie organisationnelle de Berne » s’est installé en France dans les esprits des praticiens en AT pour représenter, à tort, la théorie de Berne

Le monde est un système, l’humanité en fait partie et, comme toute espèce, elle a développé une organisation qui s’appuie sur  sa spécificité : la parole.  Nous avons des mots pour désigner des choses, qui ne sont pas forcément réelles mais qui nous offrent la possibilité de structurer notre pensée. Des notions comme « frontière », « appareil », et tant d’autres, ont permis à Berne de cartographier la façon dont les organisations humaines se structurent et interagissent. Par exemple, Berne décrit et spécifie les différences entre une foule, un groupe ou une organisation. C’est parce que nous savons les différencier que nous pouvons en faire une analyse fine et adopter des comportements spécifiques et cohérents.

Analyse transactionnelleAvec l’analyse transactionnelle, Berne a créé un langage, son langage. Il peut être parfois déroutant car ce qui est nommé en AT et tout particulièrement dans « Structure et dynamique des organisations et des groupes » ne correspond pas toujours au sens commun. Par exemple, le sens de cohésion dans le contexte de l’AT diffère quelque peu du langage courant. Rappelons également que l’œuvre originale de Berne fut rédigée en anglais et traduite en français avec parfois des différences pour un même mot, en fonction des articles ou des éditions. Berne va donc construire son oeuvre sur ce langage spécifique qui en fait la richesse mais aussi la complexité.

Berne parle d’agrégats sociaux dont les « groupes » et les « organisations » font partie. Ce ne sont pas les seuls, chaque agrégat étant défini par sa structure et sa vocation. Nous aurons l’occasion de revenir sur ces notions que nous compléterons.

Si Berne s’est intéressé aux groupes, jusqu’à en écrire un livre, c’est avant tout parce que l’analyse transactionnelle avait comme objectif la thérapie en groupe.

Dans sa pratique thérapeutique individuelle, Berne se référait à la psychanalyse. Toute sa vie, Freud restera un modèle important et le fait que Berne ne fut pas admis parmi le « club des psychanalystes » n’y changera rien. Il gardera un canapé dans son cabinet tout au long de sa carrière.

En 1956, le refus du titre de Psychanalyste par l’Institut de Psychanalyse de San Francisco le poussa à développer sa propre approche de la psychothérapie, l’analyse transactionnelle.

Il a élaboré sa pensée et sa théorie en observant ses patients, dans des relations thérapeutiques individuelles. Ce qui fut révolutionnaire à son époque est l’intégration de son travail dans une pratique thérapeutique de groupe. Au début des années 60[3], il y avait peu de théories et de théoriciens pour comprendre et proposer une lecture puis des actions sur les groupes. Berne fut l’un des précurseurs, accompagné par quelques confrères installés sur la côte ouest des USA.

L’analyse transactionnelle proprement dite, c’est-à-dire l’analyse des transactions, les actions sociales verbales et non verbales entre personnes, permettra à Berne l’élaboration d’une méthode complète de psychothérapie de groupe. Ainsi avec le matériel de l’AT, Berne pouvait observer les processus sociaux, les transactions mais aussi les processus intrapsychiques, avec l’analyse structurale des états du moi puis par la suite, les jeux psychologiques et le scénario. Le groupe prend alors toute sa place dans le travail thérapeutique, il devient une caisse de résonnance pour ses membres. C’est un travail thérapeutique de groupe plutôt qu’en groupe.

Berne exerçait la thérapie individuelle à ses cabinets de Carmel et San Francisco et la thérapie de groupe à l’hôpital. Ce fut une aubaine pour observer ce qui se joue dans un groupe plus grand, structuré, autre qu’un groupe de thérapie. L’hôpital devint son laboratoire d’analyse des processus dans une organisation.

Je remercie Éric Berne et lui exprime ma gratitude, à supposer qu’il la perçoive de l’au-delà. Ce que je regrette, et qui bien sûr est indépendant de sa volonté, est qu’il soit mort à 60 ans, laissant derrière lui une œuvre inachevée. De nombreux transacionnalistes ont repris le flambeau en développant les concepts selon leur propre sensibilité et objectifs. Les travaux des plus célèbres d’entre eux se situent principalement dans le champ de la psychothérapie, là où l’AT est née. Je ne connais pas de nouveaux modèles ou d’approches complémentaires à celle de Berne au sujet de la structure et la dynamique des groupes et des organisations. Pourtant, depuis 1963, il s’est passé pas mal de choses…

Théorie organisationnelle de BerneSans dresser un tableau exhaustif, nous pouvons constater que la société de 2020 n’a plus grand-chose à voir avec celle de 1963. Le digital est entré dans notre quotidien, les réseaux sociaux sont des vecteurs puissants des mobilisations sociales. Nous pouvons être tracés au fil de la journée grâce ou à cause de notre téléphone portable. La quantité d’informations sur les serveurs de Wikipedia dépasse largement celles de toutes les encyclopédies réunies, dans toutes les langues. La cybersécurité est devenue un enjeu majeur pour les entreprises face aux cybermenaces, piratage informatique, demande de rançon. De fait, les frontières de l’entreprise sont réelles, matérialisées avec le poste de garde autant que virtuelles.

Bref, le monde a changé, il me paraît intéressant d’avoir un regard complémentaire sur les structures et dynamiques des groupes et des organisations.

[1] Structure et dynamique des organisations et des groupes – Eric Berne -Edition AT

[2] La théorie organisationnelle de Berne- Eliott Fox – AAT 8

[3] L’origine d’une pratique d’analyste de groupe,, Jean-Claude Rouchy, « Revue de psychothérapie psychanalytique de groupe » N°52.

Je suis OK / Tu es OK – II

Une épistémologie de « OK » en AT

Les positions de vie

C’est au chapitre 12 du même ouvrage[1], « la classification des positions de vie », que nous entrons dans une signification propre à l’AT. Les 4 positions de vie, qui vont conduire à des considérations sur soi et les autres.

  • Je suis OK / Tu es OK
  • Je suis OK / Tu n’es pas OK
  • Je ne suis pas OK / Tu es OK
  • Je ne suis pas OK / Tu es OK

C’est un regard sur la valeur intrinsèque que chacun s’accorde et accorde aux autres. Là encore, « OK » se rapporte à une analyse structurale. Ces positions fondamentales vont entrainer des comportements spécifiques et cohérents avec les représentations que chacun a sur soi, les autres et le monde en général.

Prenons par exemple Clara, dont la position fondamentale est « je suis OK / Tu es OK ». Elle va se comporter da manière respectueuse, prenant soin d’elle et des gens qu’elle rencontre. Mais Clara peut rencontrer Jérémy, au hasard d’une soirée chez des amis, dont la position est « Je suis OK / Tu n’es pas OK ». Jérémy se permettra un geste déplacé à l’encontre de Clara qui s’en trouvera troublée et déconcertée. À chaque rencontre, la position de vie choisie par chacun permettra de trouver des points de convergence ou de divergence chez l’autre. Les comportements constructifs se manifesteront chez les individus qui partagent les mêmes considérations et des points de vue convergents, à partir d’une position : Je suis OK / Tu es OK.

Une personne dont la position de vie est « je suis OK / tu es OK » acceptera les autres tels qu’ils sont, indépendamment de leur propre position. Mais à moins d’être psychothérapeute ou dans un métier d’accompagnement, à plus ou moins long terme les relations risquent de se dégrader avec ceux qui ont une vision négative d’elles-mêmes ou des autres.

Nous représentons les positions dans une grille proche de « l’enclos OK » de Ernst[2] pour observer la distance des points de vue entre les personnes. Nous graduons les axes du tableau avec une échelle arbitraire qui va de 0 à 100, en valeur absolue. Cela signifie que la valeur intrinsèque attribuée, à soi et aux autres, est propre à tout individu. Même si deux personnes ont des positions de vie similaires, leurs pensées, émotions et comportements, au regard d’un même événement, sont (heureusement) différents.

Par exemple, dans cette grille, Pablo a une position « je ne suis pas OK / Tu es OK » élevée. Il se dévalorise fréquemment devant des figures d’autorité qu’il va mettre sur un piédestal. Mais parfois, il arrive à surmonter son appréhension et dire ce qu’il ressent à son chef. Béatrice a une position « Je suis OK / Tu es OK » mais a aussi un regard très critique sur les injustices commises dans le monde qui pourrait la conduire vers des comportements agressifs. Elle en a conscience et sait se maitriser. Lisa, avec une position de vie similaire à celle de Béatrice, montrera plus de distanciation et d’acceptation dans ses réactions face à un même événement.

Julien a du mal à comprendre Antoine, qui voit la vie en noire. Il aura tendance à jouer des jeux dans un rôle de Persécuteur avec Antoine et Sauveteur avec Pablo.

Lisa et Béatrice s’entendent parfaitement bien. Elles savent se parler pour se dire ce qui va comme ce qui ne va pas. Lisa a essayé à plusieurs reprises de montrer les points positifs de la vie à Antoine mais rien n’y fait. Elle se sent lasse et met de la distance dans sa relation avec lui.

Nous pourrions décrypter de nombreuses relations, y compris les  jeux psychologiques, à partir de cette matrice. Chacun pourra s’autoévaluer et positionner ses proches pour mieux comprendre les processus relationnels, en gardant à l’esprit que cet exercice est un point de vue sur soi et les autres et n’est pas une vérité.

OKness

 Ce néologisme est de Berne lui-même. On le rencontre pour première fois à la page 268 de « principes de traitement thérapeutique en groupe » et nous pourrions le traduire par la capacité à s’accepter et accepter ce que disent, pensent, ressentent les autres. Nous ne sommes plus dans une décision structurale mais dans une approche relationnelle. Ce ne sont plus seulement des projections construites à partir de sa position existentielle, sur ce qu’est ou devrait être la vie, mais des réactions à des stimuli. L’OKness se façonne au fil des rencontres et comme Ernst l’a expliqué, « aller de l’avant avec l’autre », c’est à dire se mettre dans une disposition de coopération, contribue aussi à modifier sa position et à se rapprocher de « je suis OK / Tu es OK ».

[1] Eric Berne – Principes de traitement psychothérapeutique en groupe – Ed AT

[2] Franklin Ernst – L’enclos OK une grille « pour aller de l’avant avec l’autre » – CAAT 1

Pourquoi les gens n’écoutent pas les conseils ?

3 singes b

C’est une histoire que tout le monde connaît et vit plus ou moins régulièrement. Quelqu’un vient vous voir et vous dit :

« J’aurais besoin d’un conseil, … ». La personne semble attendre votre avis sur la question pour prendre une décision. Justement, vous avez une idée que vous proposez. Dès le conseil apporté, la réaction est « oui mais,… ». Vous argumentez, vous illustrez, vous apportez des exemples et la réaction est de nouveau : « oui mais, … ».

Vous venez d’entrer, involontairement, dans un jeu psychologique. Votre objectif est maintenant d’en sortir.

Les jeux psychologiques finissent mal

Eric Berne, fondateur de l’analyse transactionnelle, a observé des mécanismes dans les relations interpersonnelles, qui n’apportent rien de positif et qui pourtant sont répétitifs. Au terme de l’échange, chacun repart avec du ressentiment, sans en comprendre véritablement l’origine. Pour autant ce système présente un « intérêt » puisqu’il permet de valider des croyances personnelles, sur soi, les autres ou le monde en général. Berne a nommé ces phénomènes des jeux psychologiques[1]. Ils sont relativement fréquents, répétitifs, inconscients et finissent mal car à la fin de l’entretien chaque personne éprouve un sentiment inexplicable et désagréable.

Dans l’exemple ci-dessus, le jeu psychologique est celui du « oui, mais… ». Bien sûr, tout le monde y joue. Dans un environnement professionnel, il est utile de le repérer.

Quand un collaborateur ou un collègue cherche un conseil, que demande-t-il vraiment ?

A un niveau social, la demande concerne un problème à résoudre.

A un niveau psychologique, hors champ de la conscience, la demande est d’un autre ordre. Il peut s’agir d’une attente de validation d’une idée déjà aboutie avec la nécessité de se convaincre qu’il s’agit de la meilleure possible. Cela s’apparente à une demande de prise en charge pour partager le poids d’une décision.

Dans ces circonstances, à la suite du conseil, les réactions seront : « oui mais, … ». Si cela se répète plus de deux fois, la conversation se situe dans un jeu psychologique.

Pour jouer il faut être au moins deux

Au terme du jeu psychologique, l’apporteur de conseil se sentira tout aussi désabusé que le demandeur. Chacun sa part de responsabilité dans cette histoire, y compris à l’apporteur de conseil. Pourquoi s’évertue-t-il à répondre aux « oui mais, … ». Il y a vraisemblablement un intérêt à vouloir résoudre un problème qui ne lui appartient pas. Il en tirera reconnaissance et gratification personnelle qui le convaincront de son utilité dans l’organisation.

Inconsciemment, nous rentrons dans des rôles pour jouer aux jeux psychologiques. Ici, il s’agit du « Sauveteur ». La majuscule différencie le rôle dans les jeux de celui qui consiste à, officiellement, porter secours.

Certains Sauveteurs n’attendent pas les demandes pour proposer des solutions et mettent en évidence le nom complet du jeu psychologique : « pourquoi ne fais tu pas …..oui mais,… ». « oui mais,… » n’étant que le raccourci.

Le demandeur est lui dans un rôle de « Victime ». Là encore, la majuscule différencie le rôle dans les jeux psychologiques de l’état de souffrance dans lequel se trouvent certaines personnes suite à une atteinte à leur intégrité physique ou psychologique. La « Victime » se considère démunie, incapable de résoudre son problème seule.

Peut-on conseiller sans jouer ?

Certaines demandes de conseil sont sincères et le demandeur prend ce qui lui est proposé. L’issue du conseil n‘est donc pas systématiquement dans les jeux psychologiques.

Pour ma part et pour limiter le risque, je me limite autant que possible aux conseils informatifs, conseiller sur de l’information susceptible d’aider la personne.

Une autre option pour aider sans « Sauver » est la pratique de la maïeutique, technique socratique bien connue des coachs qui consiste, par le questionnement, à amener le demandeur à prendre conscience de ce qu’il sait déjà.

[1] Eric Berne – Des jeux et des hommes – Ed Stock

 

Leadership et arts graphiques

La Théorie Organisationnelle de Berne nous propose une approche simple de la constitution d’un groupe par ladiagramme structural représentation de 2 cercles.

 

Dans un groupe en formation, le formateur est dans la zone du leadership, les participants dans celle des membres. Dans une équipe, le manager est dans le leadership et les collaborateurs sont les membres. Le coach est le leader et le coaché est le membre…

Dans l’atelier « Leadership et arts graphiques » chacun travaille sur le processus relationnel qui lui permet d’emmener ses clients, son équipe vers la destination qu’ils auront préalablement choisie.

Un temps pédagogique propose aux participants d’expérimenter une situation relationnelle nouvelle qui consiste à dessiner un modèle vivant sur du papier. Bien évidemment la qualité du dessin n’a aucun intérêt. Un autre temps les amènera à se projeter dans la résolution d’un problème relationnel, en le pensant autrement et en le représentant graphiquement.

Cette expérience va permettre aux participants de vivre des émotions fortes et de pointer leurs réactions face à un nouvel événement, ceci afin  d’en faire l’analogie dans leur environnement professionnel.

C’est en acceptant de jouer un nouveau rôle que le leader élabore son diagnostic comportemental qui lui permettra de développer sa capacité à consolider les liens avec son entourage professionnel.

Le programme  à cette adresse : leadership-arts graphiques

 

Les écoles récentes en AT

Le monde évolue et l’AT aussi. Le premier cercle des proches d’Eric Berne ayant montré la voie, d’autres analystes transactionnels leur ont emboité le pas en intégrant leur pratique à la théorie. L’AT continue donc à se développer. José Grégoire, dans son livre Les orientations récentes de l’analyse transactionnelle, a recensé plusieurs écoles, à noter que tous ces théoriciens sont du champ Psychothérapie . Citons ici ces nouvelles écoles.

  • L’analyse transactionnelle psychanalytique, de Carlo Moïso et Michele Novellino ;
  • La psychothérapie intégrative, de Richard Erskine et Rebecca Trautmann ;
  • L’analyse transactionnelle relationelle, de Charlotte Sills et Helena Hargaden ;
  • L’approche corporelle relationnelle, de Bill Cornell ;
  • L’analyse transactionnelle co-créative, de Graeme Summers et Keith Tudor ;
  •  L’approche narrativiste, de Jim et Barbara Allen.

 

Question

Quel lien entre l'AT et d'autres approches psychothérapeutiques ?

On connaît l’attachement de Berne à la psychanalyse et à son fondateur Sigmund Freud. Jusqu’à la fin de sa vie Berne est resté un grand admirateur de Freud même si sa pratique l’a amené à développer l’AT, mettant ainsi de la distance avec la psychanalyse. Le divan est resté présent dans sa salle de consultation.

Les années 60 ont vu aussi se développer l’école de Palo Alto, à quelques kilomètres de Carmel. Eric Berne était l’ami de Grégory Bateson, le fondateur de l’école. Il était également l’ami de Fritz Perls, qui s’est aussi éloigné de la psychanalyse pour créer la Gestalt thérapie. Notons enfin plusieurs référence dans l’œuvre de Berne à Alfred Korzybski, inventeur de la sémantique générale, dont le but était de montrer l’influence du langage dans les comportements. Quelques années plus tard la PNL exploitera l’idée que la carte n’est pas le territoire.